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Ronde Givrée : honneur au(x) maillon(s) faible(s)

Le club n’ayant pas aligné sa jeune (et talentueuse) génération (Maxime Fabre, Guilhem Rouquette, Antoine Azam…), ce sont les vieux Masters 3 (+ de 60 ans) qui ont fait le show (podiums) lors de cette 37ème Ronde givrée du Sidobre.

Notons au préalable le lien intergénérationnel de l’équipe féminine – qui a tout de même laissé 100 teams toutes catégories derrière elle -, un périple ouvert par Mamie Yolande Culié pour se clore par la juvénile Tatiana Devic, en passant par les médianes Sonia Bardy et Dominique Tichit. Mais revenons à nos antiques athlètes. La victoire des « Vieux Gens bons sans os » ne fut, semble-t-il, qu’une formalité : 40 minutes d’avance sur leurs dauphins. Ainsi Jean Rascol signe pour son entrée dans cette tranche d’âge une performance de bonne facture (il est trésorier…), tout comme les sexagénaires confirmés Marc Fabre et Édouard Meiler. La palme revient au Salvetois Michel Madariaga (qui en moins de 48 minutes pour 10,3 km est 89ème toute caté) : il est vrai qu’il y a environ 70 ans qu’il connaît la façon de s’arracher au mieux à l’attraction terrestre. Avec leur cachet, gageons qu’ils pourront désormais se munir de sonotones plus performants, car l’animateur Philippe Aubert dut s’employer quand le temps fut venu de leur faire comprendre qu’ils devaient rallier le podium. Pour le coup, l’équipe Master3 bis (Vieux Jambons, tout court) fut plus réactive, ayant compris d’emblée que, sur 420 équipes s’alignant au départ, si trois seulement étaient « master3 », ils avaient quelque chance, exploits de terrain ou pas, que la tribune leur tende les bras.

Signalons la valeur intrinsèque des « Jambons gras » (avec du bon cholestérol donc). Alain Valette, Guillaume Yeddou et le Salvetois Simon Gary, bien lancés par Bastien Amalric (15ème) arrivent 27ème au scratch. Avec donc un papy Alain (64 ans à la Chandeleur) transcendé, même s’il se définit lui-même comme le « maillon faible ». Notons à la volée le passage remarquable sur la ligne de Tristan Rascol, mais dans un ordre que la machine mit un certain temps à comprendre (athlète, basket, puce : dans le désordre sûrement). Et mettons en exergue l’excellente ambiance de ces sept équipes managées par le boss Éric Cambon. Gratitude particulière aux Lacaunais de coeur ou d’adoption Nordine Bacha, Édouard Meiler, Simon Gary et Michel Madariaga.

Et que cette sérénité sociale fait du bien dans un monde qui marche sur la tête : les giboulées de mars avaient lieu en ce 27 janvier… Quant aux intellectuels économistes du club, certes contents de la qualité de l’accueil des Coureurs de Fond de Castres, ils revendiquaient ou plutôt « roumégaient » car, selon eux, l’organisateur ne participe d’aucune manière à la lutte contre l’inflation. Et ceci alors que les 28 coureurs,euses avaient gambadé sans bourse délier ! En revanche, tout à leur honneur, même s’ils « avaient tout donné, rien lâché », ces athlètes (de Ronde) avaient eu la grandeur d’âme de ne pas demander la rétribution due aux intermittents du spectacle.

Classements (59,8 km avec le parcours commun de 700 mètres). 413 arrivants.

1.RRun Toulouse en 3h32’06.

27. Gras (Bastien Amalric, Alain Valette, Guillaume Yeddou et Simon Gary) en 4h29’19.

105. Secs (Hugo Fabre, Jérémy Cazals, Tristan Rascol et Anthony Valette) en 5h00’16.

121. Vieux sans os (Jean Rascol, Michel Madariaga, Marc Fabre et Édouard Meiler) 1M3  en 5h06’30.

166. Crus (Emmanuel Rodier, Philippe Augé, Nordine Bacha et Christophe Tichit)à en 5h19’07.

286. Sans os (Véronique Bardy puis Calas, Christine Rousset et Éric Cambon) en 5h43’53.

304. Vieux (Hubert Taru, Daniel Cambon, Patrick Durand et André Suc) 3M3 en 5h48’02.

314. Blancs (Yolande Culié, Sonia Bardy, Dominique Tichit et Tatiana Devic) en 5h51’37.

Jogging du Murathon : 4,5 ou 16,5 km

Murathon16Murathon2016

Murathon17.

Et en 2018 ?

C’est dans le cadre du téléthon qu’un entraînement est proposé sur le village de Murat. De vraies Foulées d’hiver, puisque le petit parcours reprend l’itinéraire ces Foulées Bergères (4,5 km et 100 mètres de dénivelé) vers le parcours de santé. Quant au grand, c’est tout bonnement la boucle des Foulées de St Jacques (16,5 km pour 500 m. de dénivelé). Rendez-vous à 14 h 00 en salle du Petit Train. Douches en accès libre à l’arrivée.

Au retour, un petit goûter mitonné par Annie (Palpacuer), bénévole locale. La participation est libre, et sera versé dans le pot commun du « Murathon » (version locale du téléthon) expédié ensuite intégralement aux coordinateurs par la voie hiérarchique.

À noter que la salle comporte des animations toute la journée, pour les enfants l’après-midi. Et à partir de 17 h 30 pour tous : séance de Questions pour un champion, apéritif et lunch spectacle (assiettes à 5 €) avec démo des majorettes, de la bourrée et de la country. Une soirée familiale, initiée par des bénévoles et des clubs de proximité, qui se termine à des heures raisonnables. Bref un intermédiaire entre les veillées de jadis, du temps où la TV et encore moins les NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) n’existaient pas, et les grosses fêtes.

Sologne, blanche plaine

Pour moi, le déplacement au marathon givré d’Orléans Sologne répondait à un double paramètre : en un, voir un (même LE) fils qui est enchaîné dans sa nouvelle entreprise en région parisienne (car son transfert au mercato de mi-juin a comme conséquence de produire des droits à congé à partir de la fin mai 2019). Et en deux : me tester sportivement (état de forme, faculté de récupération) après une année 2018 riche en longues distances. Résultat : le « petit » va bien. Et le « grand » pas trop mal. Bien sûr pas question d’évoquer les temps de jadis (3 h 35 puis 3 h 18) sur ce même marathon givré : c’était quand j’étais jeune, il y a un quart de siècle. Et même un peu plus : 1991 (premier marathon) et 1992. Disons une éternité. En ce temps-là, je ne courais pas pour passer le temps, mais par motivation : évacuer le spleen de la vie, ou du moins de ses périodes difficiles (d’autres choisissent le divan du psy…).

Mais aujourd’hui c’est différent. La retraite, c’est la période du temps libre, non ? Peut-être, mais cher lecteur, il faut l’intégrer : André Suc, ici présent, ne court pas pour passer le temps. Mais pour le championnat de France (des 24 heures), ou du moins en vue du. Tiens, comme son voisin de parking, qui était venu avec une voiture de son âge (205 de bas de gamme, entretenu avec une modeste considération) depuis Limoges : « Ouais, je suis content, j’ai fait moins de 3 h 45. Comme je suis V3, c’est le minimum pour le championnat de France. » Encore un qu’il faudra convertir aux joies de la belote, si je veux m’approcher du podium… Mais d’abord le questionner : « Et le site du « France », il est déjà connu ?  – Non, me rétorque-t-il, mais de toute façon, je ne veux pas y aller : c’est juste pour le fun… » Inconscience ? Amour de l’acte gratuit ?

La Sologne, c’est plat comme une assiette. Et le parcours s’offre de longues lignes droites entre des bois et des champs, d’immenses champs dépourvus de haies. Objectif ? Au plafond 4 heures ; au plancher 4 h 15. Pas question après les 100 km de Millau en mode compét’, il y a deux mois ou sept semaines de s’approcher du record du crépuscule : 3 h 52 à Albi. Soit dit en passant, par comparaison, coup de chapeau à l’équipe tarnaise de Philippe Aubert. Ici l’organisation est plus fruste. Peut-être pas un hasard si les 1200 arrivants des années 1990 ont fondu comme la gelée blanche au soleil. Mais qu’importe, merci d’exister et demain un nouveau souffle viendra peut-être.

Après une pause technique vers le km 10, je suis happé par le meneur d’allure des 4 h, vers le km 15. Je navigue avec lui jusqu’au km 25, de concert. Mais avec fluctuation : ce dernier en sous-régime tantôt se laisse aller à sa propre allure marathon, tantôt la corrige en prenant un tempo trop faible. Au km 25, je trouve mon propre rythme : un train naturel qui ne demande pas (trop) d’effort apparent. Bref, de bonnes sensations qui s’arrêtent vers le km 35. Dès lors, il ne reste plus que 7 km : même à l’arraché, je dois pouvoir contenir 6 minutes au kilo, et ainsi être à l’heure à l’arrivée pour mes supporters. Pas faire attendre fiston et son amie, qui ont couru entre temps le 5 km. Enfin peut-être, car ils sont venus passer le week-end en danseurs : pas de certif’ médical. Et pour de vrai recalés car leur licence handball comme escalade est refusée par le jury. Bon concentrons-nous, je grignote, je grignote. J’ai un petit matelas, si je me relâchais un peu ? Ce fut donc un peu laborieux, mais sans trop. Mais pas trop d’étourderie : il ne faut jamais oublier les 195 mètres de clôture. Public ou pas, il faut prévoir tout de même 1’10, non ? Enfin j’y suis arrivé, avec l’homme à la plume sur mes talons. À bientôt pour d’autres aventures…

Marathon d’Orléans Sologne

1er. NICHOLAS CHERUYOT Chumba (il est Noir, mais ce n’est pas de sa faute) en 02:18:40, record pulvérisé…… 186 SUC André (je suis blanc, mais je n’y peux rien) en 3 h 59’ 47 sec. (15ème M3 sur 21 classés). 292 arrivants.

Challenge du Parc : exploits et faiblesses

Hugo Fabre, le frêle Hugo : c’est bien lui le plus fort : 8911 points, soit 300 points de plus que son poursuivant. À lui le jambon ! De Lacaune, of course. Hugo a bouclé 19 courses. Ramené aux 14 épreuves où il a engrangé le plus de points, Hugo est 7ème toutes catégories. Et second dans sa catégorie qui n’a d’espoir que le nom : le premier est le jeune Brassagais Romain Barthès, lauréat 2018 du trophée Portalier. Deux coureurs confirmés donc qui sont juste des …désespoirs pour leurs concurrents de tous âges.

Dans le sillage d’Hugo – c’est le monde à l’envers – car c’est son propre père Marc qui se distingue. Descendeur brillant voire kamikaze, avec 8086 points, Marc Fabre a terminé la plupart de ses 18 courses de l’an à quelques secondes de ses contemporains : tantôt André Tichadou, tantôt l’un des Guiraud de faction, tantôt l’épisodique Édouard Meiler… Souvent frustrant, car la tendance actuelle pour les organisateurs – baisse de budget ou souci de raccourcir les cérémonies protocolaires – est de ne récompenser que les premiers de catégorie. Ici la régularité et l’assiduité ont enfin payé : 1er M3, et 10ème au challenge.

Les deux Fabre sont les arbres qui cachent des friches. Si l’on découvre dans les classements et les nominés André Suc, son élan vers les cimes (4ème, 3ème puis 2ème) depuis qu’il est master 3, a été stoppé net. Seule satisfaction : il devance – enfin ! – l’ami Édouard Meiler de 300 points (et d’une course…). Placé 57ème toutes catégories en 7 courses, avec son cinquième rang en M3, une chose est sûre, s’il a trouvé un parachute, il n’est pas doré. Dans des catégories beaucoup plus fournies, signalons cependant avec satisfaction l’émergence de Jérémy Cazals : 23e senior et 78 e TC (toutes catégories) en 6 courses. Athlète récent, Jérémy pourrait s’ouvrir un bilan 2019 plus séduisant, s’il peut consacrer du loisir à participer à quelques épreuves de plus dans le territoire du Haut Languedoc. Enfin, après une saison 2017 de feu, Christophe Tichit est rentré dans le rang, assiduité moindre et légères avanies « mécaniques » obligent : 20e M1 et 100e TC, en 4 courses soit le minimum syndical.

Le minimum syndical… Les cadres du club connaissent : Éric Cambon est 12e M2 (64e TC) en 6 courses. Quant à son homologue trésorier, il a payé de sa personne mais sans plus : 4 courses. Avec des performances de moyenne facture, il termine 20e M2 (110e TC). Tous les mêmes ces patrons : ils n’ont de cesse de t’encourager, voire de t’oppresser pour que tu ailles au charbon. Tandis qu’eux, pendant ce temps, ils se pavanent au bord de leur piscine, ou dans leur salle de finesse avec Jacques aussi.

Derrière les Fabre, c’est le Barrol Raymond Soucasse qui a été le plus assidu : huit épreuves. Bingo, le M4 est premier de sa catégorie (et 52e TC).

Pour les quatre nominés (et leurs éventuels supporters), rendez-vous le samedi 24 novembre à Labruguière. Pour les autres qui ont couru deux ou trois épreuves (Maxime Fabre, Patrick Durand, Aurélie et Frédéric Joucla, Guilhem Rouquette, Francis Gil…) dites leur que « Vingt fois sur le métier, il faut remettre son ouvrage ».

100 km de Millau : la vie en direct et en couleurs

Là, faut sourire. Et se rapprocher du cycliste suiveur. D’abord Claude Bonnet. Puis Christophe Tichit. Quant à Éric Cambon, il a prévu le coup, au cas où la nuit tomberait plus vite que prévu : il nous fait tirer le portrait en fin d’après-midi dans le jardin public de St Affrique.

Quand même, des amateurs, ces suiveurs… Claude a un bidon de cycliste. Oui mais voilà, le sujet André Suc n’est pas cycliste, mais athlète (si,si).Résultat : pour avoir le quart d’eau (25 cl) réglementaire, il faut y passer trois minutes. Christophe a des fioles de 10 cl… tout juste bonnes à asperger les jambes. Enfin en creusant, il a nettement mieux : une bouteille de Salvetat, puis une autre d’1,5 litre. Bon, là, sans jouer les « originaux », on aurait fait avec moins. Mais ça oblige à une gymnastique : il doit prendre de l’avance avec son vélo à crécelle, avant de s’arrêter pour la tirer de son sac à dos. Éric, c’est le bouquet : il a juste une pipette à partager. Combien André regrette le temps de Claude Bousquet, employé aujourd’hui à le fête du chou de Nages. Ils avaient découpé à mi-hauteur un magnum, de façon à y insérer une bouteille courante de 50 cl. Le tout était introduit dans les poches latérales du sac à dos du cycliste. Résultat : le coureur n’avait qu’à tendre la main pour se servir. Et le suiveur pouvait s’arrêter faire le plein, dès qu’une des deux bouteilles étaient vides. Un procédé qu’André avait décrit à l’arrivée d’une de ses douze éditions, tant il lui semblait génial dans sa simplicité. Mais il n’était pas sûr que ni le commentateur ni le public ne l’aient compris. En tout cas, çette invention n’a toujours pas fait école. C’était il y a 15 ans ou plus… En 2018, l’entraînement a beau être plus consistant, de l’eau, avant d’arriver dans ces bidons, il en est passé sous les ponts.

« Je comprends ce que tu veux dire. » Enfin quelqu’un qui le comprend : c’est Christophe. Ils viennent d’aborder une longue ligne droite montante et plombée de soleil entre St Georges et St Rome. André, hors une paire de kilomètres du côté du Rozier, n’a eu aucune sensation positive jusque-là et vient de lui confier : « Ici, c’est terrible. » « Je comprends ce que tu veux dire » : la réponse qu’il fallait pour chasser toute idée d’abandon. Et éviter de répéter 2005. Tout le contraire d’aujourd’hui : à l’époque, il était dans un état de grâce, mais lucide, durant les trente premiers kilomètres. D’une facilité sans pareille. Autant en profiter : ce sera toujours des minutes ou des quarts d’heure de « matelas », si on rentre dans le dur. Et le « dur » est arrivé. Normalement ça passe au bout d’un quart d’heure ou de demi-heure. Cette fois-là une heure, deux heures un peu plus loin, il n’y avait toujours pas de répondant. Alors au bout de trois heures à se traîner, André avait bâché. Pour de bon : il était allé pleurer à chaudes larmes derrière ce bartas, pour que personne ne le voie. Pas même Claude le suiveur.

Un taiseux. Faut que je leur dise que je suis un taiseux. Bon c’est fait avec Francis Gil qui, avec une portion de journée devant lui, était descendu vers la Cresse pour accompagner jusqu’à Millau. Lui, ça compense, il est volubile. Je le glisse aussi à Claude et à Christophe. « Mais c’est normal, »qu’ils rassurent. Quant à Éric, il ne reste guère que la côte de Tiergues retour à avaler. Car tout est perdu : 11 h 30 s’il fait frais, 12 h 00 s’il fait chaud. Sauvons l’honneur : en terminant. Autant parler de « nos » courses respectives, encore fraîches. Plus jeune, la mort de Georges m’aurait hanté le jour et la nuit. Mais au contraire des coureurs des Foulées de St Jacques, je ne l’ai vu que vivant, voire bon vivant comme d’habitude. Et puis s’il était à Murat à cause de moi, que pouvons-nous, pauvres terriens, contre la force du destin ? Et les kilomètres passent avec arrêt une paire de minutes à tous les stands. Éric communique, par la voix ou les messages écrits, avec d’inconditionnels supporteurs. Quand il lâche le portable, il est aussi enjoué que Francis. Jusqu’aux gendarmes qu’il encense : « Merci d’être là ! » Histoire de ne pas les dégonfler, je laisse passer quelques mètres avant de tempérer : « Tu sais, Éric, en même temps ils sont payés pour ça… »

Un ultime objectif. C’est vrai qu’en parlant, la fuite du temps est moins monotone, moins ingrate. Il est neuf heures et demie : une petite idée derrière la tête se dégage. Ne pas s’arrêter de trop à St Georges. Mais il est où, ce foutu km 90 ? Non, à mon avis on ne l’a pas passé. Ah ! le voilà… Déjà dix heures moins le quart. Si j’arrive au rond-point Leclerc, et qu’il me reste 35 minutes, c’est jouable. Non, plutôt 40. C’est à peu près au km 95, et ça me ferait du huit minutes au kilo. Bon, on vient de parler avec Ricou des dix dernières bornes qu’il avait enchaînées ici-même à raison de cinq minutes au kilo. Et moi aussi dans un profil plat à Rognonas pour réussir les neuf heures, mais c’était il y a longtemps. Vingt-cinq ans déjà… Bizarre, je suis moins « cuit » quand je double. Embrayer toute la côte du viaduc en courant, mais sans excès : derrière il y a encore huit kilomètres. Bon après, c’est vrai, il y a du monde. Et des petits passages plus motivants que ces largeurs de Nationale. Enfin, le 95. « Va me chercher du sucre en morceaux. » Plus loin, Éric propose, les deux mains ouvertes : « Tu choisis, je t’ai aussi pris des pâtes de fruits. » Je rafle tout sans un mot. Seule compte la ligne d’arrivée !

PHOTOS DE Dédé: ICI

 

 

 

100 km de Millau (29-30 septembre 2018)

  1. Hervé Seitz en 7 h 19′ 06…. 392. Suc André en 12 h 55′ 00 (12ème M3 sur 1o2 arrivants et 152 inscrits)… 1017 arrivants.

Saint Baudille : entre ville et (cam)brousse

St Baudille, c’est la commune du Pont-de-l’Arn, autant dire les faubourgs de Mazamet. Pais si peu la banlieue… Bon, certes il y a un peu de route pour démarrer, mais bientôt l’on se retrouve dans les bois. Et pas de ceux que fréquentent les citadins, le dimanche après le repas familial : les ronces ne sont jamais bien loin.De surcroît l’équipe de la Mjc (l’organisateur) a cru bon de pimenter les derniers hectomètres en débroussaillant des sentes inédites. De façon à, dans leurs ressources faire puiser les athlètes. Ou les épuiser, c’est selon (mais les habitués des monts de l’Est du Tarn jugeront tout de même ces pentes digestes).

Mais tout se joue dans le premier kilomètre : le parcours emprunte un chemin de ferme. Dans les bâtiments agricoles, à deux mètres du souffle des coureurs, les vaches restent médusées derrière leur mangeoire, devant ce spectacle inédit. Quant au paysan qui ne voit de l’an personne s’égarer dans son univers reculé, que fait-il ? Insensible, il tourne les talons pour revenir en amont chercher une dernière brassée de foin. Comme il le fait dans un silence immobile les autres 365 jours… Dramatique indifférence ! Perso, je l’ai ressenti comme la vengeance d’un monde rural que trop souvent la société, c’est-à-dire les modes de vie dominants des citadins, réduisent à la portion congrue, sinon à néant. Et ce n’est pas sa femme, juchée sur son tracteur venant à notre rencontre qui m’a fait changer d’avis. Si elle a eu l’élégance de le mettre au point mort, j’ai eu, pour toute réaction à mon signe de la main, une attitude figée par la banquise. Sans réaction aucune, j’ai entendu (ou imaginé ?) qu’elle poussait un profond soupir stigmatisant la civilisation des loisirs et ses adeptes envahissants.

Pourtant, en l’espèce du respect des traditions, le club d’athlétisme avait bien joué le coup : les adultes étant allés se cabrer avec les mouflons (Combes, dans le massif du Caroux, Hérault), le club présentait ses meilleurs vieux. Avec, à leurs côtés, pour bien figurer le vide sidéral existant entre deux mondes, son meilleur espoir…

Les Monts de Saint Baudille

1. Romain Barthès (ES), les 12,5 km en 52’19….  11. Hugo Fabre (2ES) en 1h01’59… 31.Marc Fabre (2M3) en 1h06’57… 47.André Suc en 1h10’58. (101 arrivants)

 

Murat. Il était 10 h 07, le dimanche 16 septembre 2018

La course était bien lancée. Pour éviter une portion de route départementale, le parcours quitte le chemin de Saint Jacques pour se diriger vers le hameau du Cloutet. Après la traversée du lieu-dit, désert ce jour-là comme à l’ordinaire, le chemin devient plus étroit. Trois cent mètres plus loin (km 2,5), Jacques Thomas, l’ouvreur en vélo électrique, voit un homme couché sur le chemin. Dans le feu de l’action, croyant avoir affaire à un farceur, il lui intime : « Sortez-vous de là ! ».

Georges a les pieds sur la gauche du chemin, et est tombé moitié en arrière moitié sur son côté droit. Le cycliste, descendu de sa monture, voit vite, en se penchant sur le visage plutôt tourné vers la terre, l’urgence de la situation. Et c’est à demi-relevé qu’il fait signe à Benjamin Vidal, le jeune ouvreur en quad, de s’arrêter. Arrivent les premiers de la course, Maxime Durand en tête. Puis très rapidement le Lacaunais Nicolas Bremand qui fait s’écarter le petit groupe : « Je suis pompier ! ». Il déchire la chemise et pratique le massage cardiaque. Il a à ses côtés Guillaume Yeddou, pompier (volontaire) lui aussi à Lacaune. Tous les deux prennent la situation en main, et l’infirmière Juliette Bouisson, en course elle aussi, ne tardera pas à les rejoindre. Maxime Durand se tient la tête à deux mains. Quant à Éric Cambon, il s’écrie : « Mickaël, Mickaël ! », car il a cru reconnaître à son crâne dégarni un de ses amis qu’il côtoie en compétition. Par la suite, Georges étant plus ou moins masqué par les pompiers en action, nombre de sportifs, passant en trottant, ont pensé que c’était un des leurs qui avait été victime d’un malaise. Nicolas et Guillaume font pivoter un peu le corps, de façon à laisser un passage suffisant, car toutes ces présences sont devenues un poids. Le quad passe en s’appuyant sur un rocher du bord opposé et, à sa suite, les premiers trailers. Ils s’écartent un peu et le Muratais Lionel Gros, en accord avec sa douzaine de compagnons, conseille à tous de repartir dans la course.

Les services d’urgence sont alertés. Après le dernier concurrent, soit cinq à six minutes après le peloton de tête, Jean Roque conduit le quad fermeur avec, sur la partie arrière du siège, un des secouristes prévus dans l’organisation. L’infirmière Juliette ayant, sans réaction, approché son doigt de l’œil ouvert de Georges, sans doute tous ces professionnels mesurent le degré d’espérance. Mais ils se relaient pour effectuer les massages cardiaques. L’ambulance de Castres Sports Nautiques sera la première sur place, avec mise à disposition du matériel adapté. Quant aux pompiers, l’appel tombant au centre de régulation, ils devront composer avec un problème de géolocalisation, les obligeant à un retour en salle du Petit Train pour complément d’information. Alain Valette, médecin de garde (et des pompiers) est alerté. Il se trouve proche : à deux kilomètres environ, puisque c’est l’un des concurrents d’une épreuve annexe.

Avec le téléphone portable de Georges, il est retrouvé le numéro d’appel de la famille. En l’absence de moyens de l’écrire, ce numéro sera inscrit un peu à l’écart, dans la poussière du chemin. Avant qu’un des secours, ou l’un des gendarmes locaux, n’ait la lourde charge de la prévenir.

Après environ une demi-heure les trois premiers intervenants (Nicolas, Guillaume et Juliette), ayant fait leur devoir, décident de repartir en course. Le cycliste, qui venait d’apprendre la veille que son jeune couple de voisins venait de perdre en maternité la petite fille qu’ils attendaient, les imite quelques minutes plus tard. En appuyant comme jamais un homme de 73 ans n’appuya sur les manivelles.

Le jeudi suivant, pour matérialiser l’endroit précis où Georges termina son parcours, à trente mètres du chemin de Compostelle – parfois appelé « Champ de l’Étoile » (estella en patois) – l’organisateur de l’animation sportive a planté, avec Jacques Thomas, une croix de bois qui peut durer un cycle complet de saisons. Avec sur le transept, deux rameaux de fleurs dont le nom rappelle les travaux de la terre de cette époque. Ce sont des vendangeuses.

André Suc (sur le témoignage de Jacques Thomas et divers échanges)

La famille de Georges Jammes transmet à tous ceux qui se sont impliqués dans les secours ses remerciements les plus sincères.

Amis coureurs, le Comité d’animation de Murat vous félicite pour vos attitudes responsables, et pour vos initiatives adaptées dans ces circonstances si particulières.

Photos Murat

Photos Serge Nel.

 

Foulées de Saint Jacques à Murat

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Bergères + Jacquets

Classement course principale Murat

 

 

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Des Foulées chargées d’émotion

Ce dimanche 16 septembre, toutes les planètes semblaient alignées pour la 20e édition des Foulées de Saint Jacques. Les nouveaux représentants du comité d’animation (l’organisateur) avaient la foi et l’enthousiasme des débutants. Tandis que, chacun dans sa spécialité, mairie, commerçants, et sociétés à succursale locale avaient apporté leur soutien. Et surtout, un temps splendide pour découvrir les panoramas champêtres depuis le Cangrède, à 1000 mètres d’altitude.

Ainsi, 92 athlètes s’élançaient à 10 h pétantes vers le chemin de Compostelle. Juste après, c’était au tour de 25 populaires de se diriger vers les agrès du parcours de santé. Et enfin, 22 enfants étaient prêts à gambader sur une ou deux boucles se terminant par la traversée de la prairie centrale. Sur le 16,5 km, le Brassagais Romain Barthès s’avérait le plus fougueux (en tête au km 1), imité à quelques décamètres par Christelle Bertrand. Les ouvreurs – Jacques Thomas en vélo électrique et Benjamin Vidal en quad – « traçaient ». Quelque part, c’était la fête entre sport, nature et patrimoine.

Jusqu’à la découverte sur le chemin muletier du Cloutet à Candoubre d’un homme étendu en travers du chemin. Dans le peloton de tête, figuraient Nicolas Bremand et Guillaume Yeddou qui tentèrent de ranimer l’infortuné randonneur, ces pompiers lacaunais étant bientôt secondés par l’infirmière Juliette Bouisson. Les services de secours, alertés, évacuèrent le promeneur venu du proche Aveyron. Mais en vain : il avait perdu la vie à deux pas du chemin de Compostelle où, dans d’autres secteurs, il avait glané ses plus beaux souvenirs de retraité agricole.

Un nouveau départ

Quant aux coureurs, la première douzaine étant devenus d’inutiles soutiens, ils se décalèrent pour faire entre eux un nouveau départ. Passant en trottant, certains de leurs poursuivants pensèrent dans l’instant que le gisant était un coureur. Et si l’intensité de leur effort ne faiblit pas, la concentration était autre. Bien plus loin, les enfants, insouciants, prodiguaient tous leurs encouragements à leurs aînés prêts à franchir la passerelle afin de se hisser vers la ligne d’arrivée.

Ainsi, si classement, protocole et après-course se déroulèrent dans des normes appréciées, cette 20e édition restera à jamais marquée par l’imprévisibilité du destin.

Foulées de St Jacques : 1.Maxime Durand ; 2. Romain Barthès ; 3.Julien Miquel. Féminines :1.Audrey Besombes ; 2.Delphine Amalric ; 3.Christelle Bertrand.

Foulées Bergères (4,5 km) : Bastien Amalric et Eva Nègre.

Ronde des jacquets : Paul Roque et Clara Bouvet (un tour) ; Maelys Bouvet et Axel Christophe (2 tours).

Un entraînement… acrobatique

Samedi 25 août, avait lieu le « galop d’essai » à Murat. Soit les 16,3 km des Foulées de Saint Jacques, inclus les trois très légères variantes. Présents : les Tichit, Fabre, Tatiana et Sylvère. Et deux jeunes acrobates en VTT, maîtrisant assez leur engin pour pouvoir grimper les meilleurs pourcentages et descendre des chemins, inconnus mais néanmoins piégeux (cailloux, ornières).

Un traîning agréable et efficace : le passage au centre bourg avant de tourner à la bascule, le point prévu pour la prime au baroudeur du km 1, le passage au près de la Grange de Poumerou, le sommet du Cangrède suivi d’itinéraires suivant plus ou moins le chemin des convois agricoles. Un essai concluant : après les selfies sans doute indispensables pris à la Vierge du Castelas, ils furent les deux tiers (6 sur 9) à se tromper d’itinéraire… voilà qui promet pour la  course, la vraie, du dimanche 16 septembre. Le tout se conclut après un brin de décrassage (de sueur à défaut de boue) devant la bonne table du restaurant local. Sauf pour les Fabre, déjà placés sur orbite pour préparer le vide-grenier du lendemain à la Trivalle. Avec la vente de ce satellite (?, voir photo) sur le pas de tir.

Après ce convivial intermède, et en attendant de revenir trimer sur ce parcours,  tous foncent tête baissée sur les  charcut’trails de Lacaune.

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