Courses Adultes

Saint Baudille : entre ville et (cam)brousse

St Baudille, c’est la commune du Pont-de-l’Arn, autant dire les faubourgs de Mazamet. Pais si peu la banlieue… Bon, certes il y a un peu de route pour démarrer, mais bientôt l’on se retrouve dans les bois. Et pas de ceux que fréquentent les citadins, le dimanche après le repas familial : les ronces ne sont jamais bien loin.De surcroît l’équipe de la Mjc (l’organisateur) a cru bon de pimenter les derniers hectomètres en débroussaillant des sentes inédites. De façon à, dans leurs ressources faire puiser les athlètes. Ou les épuiser, c’est selon (mais les habitués des monts de l’Est du Tarn jugeront tout de même ces pentes digestes).

Mais tout se joue dans le premier kilomètre : le parcours emprunte un chemin de ferme. Dans les bâtiments agricoles, à deux mètres du souffle des coureurs, les vaches restent médusées derrière leur mangeoire, devant ce spectacle inédit. Quant au paysan qui ne voit de l’an personne s’égarer dans son univers reculé, que fait-il ? Insensible, il tourne les talons pour revenir en amont chercher une dernière brassée de foin. Comme il le fait dans un silence immobile les autres 365 jours… Dramatique indifférence ! Perso, je l’ai ressenti comme la vengeance d’un monde rural que trop souvent la société, c’est-à-dire les modes de vie dominants des citadins, réduisent à la portion congrue, sinon à néant. Et ce n’est pas sa femme, juchée sur son tracteur venant à notre rencontre qui m’a fait changer d’avis. Si elle a eu l’élégance de le mettre au point mort, j’ai eu, pour toute réaction à mon signe de la main, une attitude figée par la banquise. Sans réaction aucune, j’ai entendu (ou imaginé ?) qu’elle poussait un profond soupir stigmatisant la civilisation des loisirs et ses adeptes envahissants.

Pourtant, en l’espèce du respect des traditions, le club d’athlétisme avait bien joué le coup : les adultes étant allés se cabrer avec les mouflons (Combes, dans le massif du Caroux, Hérault), le club présentait ses meilleurs vieux. Avec, à leurs côtés, pour bien figurer le vide sidéral existant entre deux mondes, son meilleur espoir…

Les Monts de Saint Baudille

1. Romain Barthès (ES), les 12,5 km en 52’19….  11. Hugo Fabre (2ES) en 1h01’59… 31.Marc Fabre (2M3) en 1h06’57… 47.André Suc en 1h10’58. (101 arrivants)

 

Murat. Il était 10 h 07, le dimanche 16 septembre 2018

La course était bien lancée. Pour éviter une portion de route départementale, le parcours quitte le chemin de Saint Jacques pour se diriger vers le hameau du Cloutet. Après la traversée du lieu-dit, désert ce jour-là comme à l’ordinaire, le chemin devient plus étroit. Trois cent mètres plus loin (km 2,5), Jacques Thomas, l’ouvreur en vélo électrique, voit un homme couché sur le chemin. Dans le feu de l’action, croyant avoir affaire à un farceur, il lui intime : « Sortez-vous de là ! ».

Georges a les pieds sur la gauche du chemin, et est tombé moitié en arrière moitié sur son côté droit. Le cycliste, descendu de sa monture, voit vite, en se penchant sur le visage plutôt tourné vers la terre, l’urgence de la situation. Et c’est à demi-relevé qu’il fait signe à Benjamin Vidal, le jeune ouvreur en quad, de s’arrêter. Arrivent les premiers de la course, Maxime Durand en tête. Puis très rapidement le Lacaunais Nicolas Bremand qui fait s’écarter le petit groupe : « Je suis pompier ! ». Il déchire la chemise et pratique le massage cardiaque. Il a à ses côtés Guillaume Yeddou, pompier (volontaire) lui aussi à Lacaune. Tous les deux prennent la situation en main, et l’infirmière Juliette Bouisson, en course elle aussi, ne tardera pas à les rejoindre. Maxime Durand se tient la tête à deux mains. Quant à Éric Cambon, il s’écrie : « Mickaël, Mickaël ! », car il a cru reconnaître à son crâne dégarni un de ses amis qu’il côtoie en compétition. Par la suite, Georges étant plus ou moins masqué par les pompiers en action, nombre de sportifs, passant en trottant, ont pensé que c’était un des leurs qui avait été victime d’un malaise. Nicolas et Guillaume font pivoter un peu le corps, de façon à laisser un passage suffisant, car toutes ces présences sont devenues un poids. Le quad passe en s’appuyant sur un rocher du bord opposé et, à sa suite, les premiers trailers. Ils s’écartent un peu et le Muratais Lionel Gros, en accord avec sa douzaine de compagnons, conseille à tous de repartir dans la course.

Les services d’urgence sont alertés. Après le dernier concurrent, soit cinq à six minutes après le peloton de tête, Jean Roque conduit le quad fermeur avec, sur la partie arrière du siège, un des secouristes prévus dans l’organisation. L’infirmière Juliette ayant, sans réaction, approché son doigt de l’œil ouvert de Georges, sans doute tous ces professionnels mesurent le degré d’espérance. Mais ils se relaient pour effectuer les massages cardiaques. L’ambulance de Castres Sports Nautiques sera la première sur place, avec mise à disposition du matériel adapté. Quant aux pompiers, l’appel tombant au centre de régulation, ils devront composer avec un problème de géolocalisation, les obligeant à un retour en salle du Petit Train pour complément d’information. Alain Valette, médecin de garde (et des pompiers) est alerté. Il se trouve proche : à deux kilomètres environ, puisque c’est l’un des concurrents d’une épreuve annexe.

Avec le téléphone portable de Georges, il est retrouvé le numéro d’appel de la famille. En l’absence de moyens de l’écrire, ce numéro sera inscrit un peu à l’écart, dans la poussière du chemin. Avant qu’un des secours, ou l’un des gendarmes locaux, n’ait la lourde charge de la prévenir.

Après environ une demi-heure les trois premiers intervenants (Nicolas, Guillaume et Juliette), ayant fait leur devoir, décident de repartir en course. Le cycliste, qui venait d’apprendre la veille que son jeune couple de voisins venait de perdre en maternité la petite fille qu’ils attendaient, les imite quelques minutes plus tard. En appuyant comme jamais un homme de 73 ans n’appuya sur les manivelles.

Le jeudi suivant, pour matérialiser l’endroit précis où Georges termina son parcours, à trente mètres du chemin de Compostelle – parfois appelé « Champ de l’Étoile » (estella en patois) – l’organisateur de l’animation sportive a planté, avec Jacques Thomas, une croix de bois qui peut durer un cycle complet de saisons. Avec sur le transept, deux rameaux de fleurs dont le nom rappelle les travaux de la terre de cette époque. Ce sont des vendangeuses.

André Suc (sur le témoignage de Jacques Thomas et divers échanges)

La famille de Georges Jammes transmet à tous ceux qui se sont impliqués dans les secours ses remerciements les plus sincères.

Amis coureurs, le Comité d’animation de Murat vous félicite pour vos attitudes responsables, et pour vos initiatives adaptées dans ces circonstances si particulières.

Photos Murat

Photos Serge Nel.

 

Foulées de Saint Jacques à Murat

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Bergères + Jacquets

Classement course principale Murat

 

 

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Des Foulées chargées d’émotion

Ce dimanche 16 septembre, toutes les planètes semblaient alignées pour la 20e édition des Foulées de Saint Jacques. Les nouveaux représentants du comité d’animation (l’organisateur) avaient la foi et l’enthousiasme des débutants. Tandis que, chacun dans sa spécialité, mairie, commerçants, et sociétés à succursale locale avaient apporté leur soutien. Et surtout, un temps splendide pour découvrir les panoramas champêtres depuis le Cangrède, à 1000 mètres d’altitude.

Ainsi, 92 athlètes s’élançaient à 10 h pétantes vers le chemin de Compostelle. Juste après, c’était au tour de 25 populaires de se diriger vers les agrès du parcours de santé. Et enfin, 22 enfants étaient prêts à gambader sur une ou deux boucles se terminant par la traversée de la prairie centrale. Sur le 16,5 km, le Brassagais Romain Barthès s’avérait le plus fougueux (en tête au km 1), imité à quelques décamètres par Christelle Bertrand. Les ouvreurs – Jacques Thomas en vélo électrique et Benjamin Vidal en quad – « traçaient ». Quelque part, c’était la fête entre sport, nature et patrimoine.

Jusqu’à la découverte sur le chemin muletier du Cloutet à Candoubre d’un homme étendu en travers du chemin. Dans le peloton de tête, figuraient Nicolas Bremand et Guillaume Yeddou qui tentèrent de ranimer l’infortuné randonneur, ces pompiers lacaunais étant bientôt secondés par l’infirmière Juliette Bouisson. Les services de secours, alertés, évacuèrent le promeneur venu du proche Aveyron. Mais en vain : il avait perdu la vie à deux pas du chemin de Compostelle où, dans d’autres secteurs, il avait glané ses plus beaux souvenirs de retraité agricole.

Un nouveau départ

Quant aux coureurs, la première douzaine étant devenus d’inutiles soutiens, ils se décalèrent pour faire entre eux un nouveau départ. Passant en trottant, certains de leurs poursuivants pensèrent dans l’instant que le gisant était un coureur. Et si l’intensité de leur effort ne faiblit pas, la concentration était autre. Bien plus loin, les enfants, insouciants, prodiguaient tous leurs encouragements à leurs aînés prêts à franchir la passerelle afin de se hisser vers la ligne d’arrivée.

Ainsi, si classement, protocole et après-course se déroulèrent dans des normes appréciées, cette 20e édition restera à jamais marquée par l’imprévisibilité du destin.

Foulées de St Jacques : 1.Maxime Durand ; 2. Romain Barthès ; 3.Julien Miquel. Féminines :1.Audrey Besombes ; 2.Delphine Amalric ; 3.Christelle Bertrand.

Foulées Bergères (4,5 km) : Bastien Amalric et Eva Nègre.

Ronde des jacquets : Paul Roque et Clara Bouvet (un tour) ; Maelys Bouvet et Axel Christophe (2 tours).

Un entraînement… acrobatique

Samedi 25 août, avait lieu le « galop d’essai » à Murat. Soit les 16,3 km des Foulées de Saint Jacques, inclus les trois très légères variantes. Présents : les Tichit, Fabre, Tatiana et Sylvère. Et deux jeunes acrobates en VTT, maîtrisant assez leur engin pour pouvoir grimper les meilleurs pourcentages et descendre des chemins, inconnus mais néanmoins piégeux (cailloux, ornières).

Un traîning agréable et efficace : le passage au centre bourg avant de tourner à la bascule, le point prévu pour la prime au baroudeur du km 1, le passage au près de la Grange de Poumerou, le sommet du Cangrède suivi d’itinéraires suivant plus ou moins le chemin des convois agricoles. Un essai concluant : après les selfies sans doute indispensables pris à la Vierge du Castelas, ils furent les deux tiers (6 sur 9) à se tromper d’itinéraire… voilà qui promet pour la  course, la vraie, du dimanche 16 septembre. Le tout se conclut après un brin de décrassage (de sueur à défaut de boue) devant la bonne table du restaurant local. Sauf pour les Fabre, déjà placés sur orbite pour préparer le vide-grenier du lendemain à la Trivalle. Avec la vente de ce satellite (?, voir photo) sur le pas de tir.

Après ce convivial intermède, et en attendant de revenir trimer sur ce parcours,  tous foncent tête baissée sur les  charcut’trails de Lacaune.

Samedi 25 août : galop d’essai à Murat-sur-Vèbre

C’est sous l’empreinte de la convivialité et de l’oecuménisme (les Vététistes sont les bienvenus cette année aussi) que chacun peut venir en toute liberté participer à ce moment de détente. Et d’effort tout de même, car nous emprunterons dans son intégralité le parcours des Foulées de saint Jacques, soit 16,3 km pour 500 mètres de dénivelé. Le départ se fait à 17 h (précises) devant la salle du Petit Train. Après la douche (sur site), possibilité de repas (vers 20 h 15) au restaurant de Murat, en me le signalant juste au moment du départ. Cette « reco » peut aussi être un bon petit entrainement pour les trails principaux de Lacaune. Et avez-vous noté dans votre agenda le jour de la course de Murat ? Ne cherchez pas : il me semble que c’est le dimanche 16 septembre…

Vabre : une vingtième pour la route

Vingtième édition donc, et un retour aux sources pour la Gijonada : le peloton fait presque exclusivement de la route, comme au siècle dernier. Avouons que cette pratique avait aussi son charme, plus tourné vers l’effort soutenu. Format raccourci à 10 kilomètres, « roulants » donc, et toujours la fête votive de Ste Anne comme écrin. Plus que jamais même puisque Laurent (Soccol), comme ses copains de Cuq (les-Vielmur), avait revêtu un déguisement. Lequel ? Laurent, va, malgré ces fanfreluches, toujours trop vite  pour que le chroniqueur puisse le suivre…

Encore plus à l’avant, il y avait des flèches inhabituelles : des vacanciers performants qui se remettent en question sur le lieu de leur villégiature. Total : les Fabre ont joué les Poulidor de service (puisque le vieux champion cycliste de St-Léonard de Noblat a fini six fois 3ème du Tour de France et « seulement » trois fois second), aussi bien chez les Espoirs que chez les Masters 3. À propos d’espoirs et de jeunesse, signalons la 11ème place du cadet de Viane Maxime Fabre.

Coup de chapeau à Péire Thouy et au duo Molinié (Annie et Christian) qui ont assuré, chacun à leur tour, une décennie de détente sportive pour tous, soit pour les visiteurs un séjour de quelques heures apprécié universellement. Espérons qu’ils auront suscité des vocations : en tout cas les Lacaunais sont prêts à s’engager pour la 21ème.

La Gijounada (10 km)

1.Stéphane Giordanendo en 36’51″… 18.Laurent Soccol en 42’54″… 23.Hugo Fabre en 44’05 » (3ème Espoir)… 29.Éric Cambon en 44’53″… 56.Marc Fabre en 49’36″(3ème Masters 3)… 64. Jean Rascol en 50’41″… 65. Patrick Durand en 50’43″… 75. André Suc en 52’17″… 135 arrivants.

 

La Salvetat : Tatiana fait son festival

Un long moment, le public enthousiaste retint son souffle. N’était-ce pas Marlène (Jobert), le minois constellé de grains de rousseur qui montait les marches du Palais ? Non, non… Lily Marlène (Marlène Dietrich) alors ? Non, non… Mieux que ça : Tatiana (Devic). Mais avant d’atteindre le firmament de la gloire, Tatiana en aura monté des marches et des marches. Six cents selon l’organisateur, le comité d’animation, qui pour le coup, fait confiance à son flair (« à vue de nez », comme ils disent). Tout au long des carrières de la Salvetat, bien coaché par son impresario Christophe Tichit, Tatiana a franchi un palier : elle n’est plus une jeune première, mais une brillante seconde. Une star est née : fini les seconds rôles.

Les Lacaunais étaient nombreux, et il a semblé plus simple de joindre le classement scratch (merci Hugo). Signalons cependant le retour des frères Amalric, qui finissent à quelques encablures du podium.

Cette course à nulle autre pareille est née en 2005 de l’imagination de Jean-Michel Pieri. Aujourd’hui, c’est Sandrine de chez Gasparoux qui gère au stylo bille les inscriptions. La famille Gil a été mise en amont à contribution pour ses talents de peintre en chaussée (style Jackson Pollock). Tandis que le boss Fred Azéma lit le mode d’emploi des chronomètres. Bref, la France est en vacances, et c’est la Salvetat qui lui sert d’écrin. Rafraîchissement assuré à la source (du Rieumajou). Quant aux Lacaunais, cette course est juste un prétexte : l’important, en ce 24 juillet, est le casse-croûte terminal – avec melsat en promotion – mitonné par le président Ricou. Pour une fois que les fantassins du menu peuple sont autorisés à liquider les bénéfices du club… qui oserait « rouméguer » ?

Trail des Caroux

Compte rendu Trail du Caroux

 

Nous voici aujourd’hui dimanche 15 juillet au pays de la chataîgne, plus précisément à Mons la Trivalle…Cette région d’Olargues êtant réputée pour ses marrons…De la « castagne », il va y en avoir vu le nombre de participants affutés et la forte chaleur mais aussi « castagne » pour les chevilles et les genoux…(clin d’oeil à Dédé)

Côté lacaunais: 2 représentants. Hugo et son père (non spirituel)…qui espèrent ne pas faire trop les glands, notamment dans les montées et être assez prudents dans les descentes rocailleuses à fort pourcentage pour ne pas se casser…la pipe- la gueule- le dos- la voix- les noix ou noisettes suivant l’âge…(rayer le ou les mentions inutiles)

9 Heures…Les 244 participants du 18 km sont libérés pour, après quelques minutes, s’engouffrer sur le sentier des gardes, emprisonnés sur 6km jusqu’au ravitaillement de Douch. Les dépassements sont difficiles et parfois osés mais ici pas de risque d’excès de vitesse, ni d’amende.

A mi-parcours relance sur le plateau du Caroux…La descente exigeante s’effectue et sur un freinage vif première et ultime « gaufre »…Avertissement sans frais…Prudence est recommandée, l’essentiel est de terminer. Nous sommes venus glaner quelques points pour le challenge du Haut Languedoc et pas pour des nèfles…ou pour des cacahuètes (comme diraient les jeunes).

Sur les derniers kilomètres, retour sur l’asphalte et une chaleur étouffante. Tous les concurrents sont acclamés à quelques encablures de l’arrivée avec « OLA »  des organisatrices.

 

14 Heures…Premier cocorico Victoire enfin en V3 parmi les 12 engagés et deuxieme place en espoir pour Hugo

 

19 Heures…Deuxième cocorico Victoire de l’équipe de foot… Attention de ne pas prendre une « pistache » en cette soirée orageuse…(Boire avec modération)

 

Résultats: 244 participants

 

1     BASSONS  Christophe  2h05’19 »   (ancien coureur cycliste pro)

50   FABRE   Marc               2h58’08 »   1V3M

78   FABRE   Hugo              3h11’30 »   2ESM

 

A Bientôt pour de nouvelles aventures

 

Bonne Réception   Marco

Teillet : des bartas et de vertes prairies

Des prairies dans la rosée du matin / Qui fleurent bon le serpolet et le thym…

TFC. Quand Toulouse est éloigné, le TFC, c’est le Teillet Football Club. Imaginez un stade en bordure de village avec, dans son coin le plus éloigné, une arche gonflée à bloc. C’est de là que partent les coureurs de ce 14 juillet, pour 10 ou 19,4 km au choix. Et tout de suite c’est la campagne avec, d’entrée, des vaches ébahies par le spectacle que leur offrent les bipèdes. « Les hommes seraient-ils devenus fous ? » se désole André Suc, ancienne gloire de la TV. Lui qui aime tant regarder le public au fond des yeux, ne verra donc pas le moindre villageois sur le parcours. Ah si, dans les écarts, sur une propriété au charme désuet, c’est un riverain près de sa brouette qui encourage les concurrents : avec son visage raviné par les ans et son abondante moustache, il semble tout droit sorti d’un roman de Dickens ou de Mark Twain…

Plus loin, après un pont de singe, un quarteron de vétérans 3 reste, comme une dizaine de plus jeunes concurrents, interloqué. Après la passerelle, un panonceau indique de remonter vers l’amont de la rivière. Mais voilà, plus de trace… Ah si, au début d’une sente oubliée depuis quelque temps est accrochée une rubalise. La colonie cherche une issue à cette énigme, mais n’en trouve pas. Au bout de cinq minutes, tous reviennent à la passerelle et, en désespoir de cause, prennent le chemin vers l’aval. Banco : quelques mètres plus loin, apparaissent les rubalises, tandis qu’un organisateur, dépêché sur les lieux en urgence, confirme.  « Les hommes sont devenus fous. » Cette fois, André Suc en est persuadé : quel plaisir peut-il y avoir à changer un panneau directionnel de sens et, de surcroît, ajouter une rubalise sur le faux chemin ? Hors la perversion, et le besoin d’em… le monde.

À fou, fou et demi. Après avoir remué ses pensées au petit trot, le vétéran lacaunais aperçoit en ligne de mire une vielle connaissance qu’il a revu avec grand plaisir avant le départ : Serge Falgayrac. Il lance la chasse à l’athlète, en compagnie d’Hervé Souyris (un contemporain) qui prend le vent à sont tour : 100 mètres, 90, 80, 60, 50… Mais c’était une vraie folie : après le pont sur la retenue de Rassise, qui laisse voir à droite les ruines inondées du château de Grandval, ce n’est pas tant Hervé et Serge qui s’envolent que lui, André Suc, qui reste scotché aux lourdes pentes précédant l’arrivée. Quand on vous disait que pour lui (c’est moi), la gloire est du passé. Même le classement, il n’est pas en mesure de le trouver sur la toile, et donc de le publier…

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