Pyrale : (de feu, même racine que pyromane) papillon crépusculaire dont les chenilles sont souvent nuisibles aux cultures. Les Lacaunais, arrivés en ordre dispersé par la verdoyante vallée du Gijou, ont pu s’en rendre compte : les pyrales (si c’est bien ce papillon le coupable) ont fait des ravages dans les bordures caillouteuses et ensoleillées des bois, prés et jardins, semant de longues traînées brunes dans le paysage. C’est pour cela que l’organisateur, ayant sans doute peur que ces chenilles dessèchent aussi les athlètes a préféré les conserver dans la vallée.

Un autre qui a peur que les coureurs se dessèchent, c’est Éric (Cambon). À l’un de ses premiers passages dans le bourg, il lance aux bénévoles : “Donnez-nous des bouteilles : cela s’impose aujourd’hui. À quoi ça sert qu’elles restent en palettes dans un hangar…” Chassez le naturel, il revient au galop : dans son vrai métier, il est le tenancier d’un abreuvoir.

On le sait, lorsque les Lacaunais sont las qu’on prenne leur pays pour la Sibérie, ils lancent des plaisanteries du type : “Oui, comme il grelottait, j’ai donné une couverture à un ours blanc que j’ai croisé à midi, près du casino”. Tout de même, certains montagnards sont soumis plus que d’autres au désagrément d’une excessive chaleur. Notamment ceux qui travaillent dans le froid. Comme les Tichit : Christophe en charcuterie, Dominique au rayon surgelé ou réfrigéré. Une énorme chance, alors que tout le monde recherche un peu de fraîcheur. Et en plus, ils toucheraient un salaire réel : attention à la loi sur la moralisation de la vie publique… Tout ce préambule pour dire que si le soleil darde ses rayons (de bicyclette) pour tout le monde, les Lacaunais sont globalement un peu plus en difficulté que la moyenne. Et l’enthousiasme des supporters Tatiana (Devic) et Sylvère n’a pas suffi à les galvaniser.

Briller : c’est le soleil ou eux. Et ce samedi 29 juillet, ce fut le soleil. Pas d’or, donc pour les Lacaunais. À mettre en exergue cependant : Laurent (Soccol, 6e, mais le top 10 est pour lui d’une banalité…). Et Virginie (Hérail): partie de très loin, elle a soufflé le chaud sur Éric et Christophe. À signaler aussi la seconde jeunesse de Marc (Fabre) qui dame le pion au fiston Hugo (“Bon, avec cette chaleur, je n’ai pas voulu me mettre dans le rouge”) et à son cadet Jean (Rascol), cool au démarrage. Plus loin : “J’ai du mal à réaliser. J’ai tout donné. Je pense avoir atteint un palier.” Celui qui parle ainsi, comme un médaillé olympique, c’est André (Suc). Le palier en question, c’est celui du dessous : plus question de finir dans la première moitié du peloton, mais d’éviter le dernier sixième. Ce que c’est que le poids des ans… et des petits apéros dînatoires estivaux.

À signaler une grande convivialité pour le groupe qui s’est fait un plaisir amical de rester en soirée pour les festivités. Sauf deux ours (polaires) mal léchés (l’un des Vidals, l’autre de Cabannes). Bien entendu, nous ne citerons pas leurs noms. Sans doute étaient-ils indispensables ailleurs ?

La Gijounade (10,8 km en trois tours de circuit)

  1. Yohann Camps en 41’44″…  6.Laurent Soccol en 43’07” (2M1)…   31.Christophe Tichit en 49’53″…   34.Éric Cambon en 50’21″…   37.Virginie Hérail en 50’38″(2M1F)…   64.Marc Fabre en 57’33”   65.Hugo Fabre en 58’03” (3J)   66.Jean Rascol en 58’05″…   88.Dominique Tichit en 1h01’22″…   99.André Suc en 1h03’55″… 121 arrivants.