Au bout, la ligne. Rien d’autre n’a d’importance. Couloir intérieur. 42 km. La ligne d’arrivée, après le virage. Ligne droite… Tiens , des applaudissements des tribunes ? Pour moi ou pas, je me les capte. Peut-être la bleusaille lacaunaise ? Plus la force de scruter, ni même de tourner la tête. Un geste de la main, au cas où… La ligne, la ligne… Peut-être 3 h 50 mn. Un exploit !

Bien amené tout ça. Régulier. Certes, coup de mou depuis le km 33, mais correctement géré tout de même.  Ne pas répliquer aux « avions ». À propos d’avion, qu’est-ce qu’il étaient impressionnants, ces coureurs du semi qui l’ont doublé vers le km 10. Les premiers d’accord mais, même plus loin, même l’ami Christophe (Tichit), il y avait de l’impérial dans sa foulée. Et du chevaleresque dans sa tape amicale. Donc, ceux-là, les « laisser » doubler. Mais s’accrocher aux autres. Tiens, celui-là, son profil se reflète sur la chaussée détrempée. S’accrocher à cette ombre. Une légère descente : allonger la foulée (autant que faire se peut). Petite côte : au contraire se ramasser, et batailler, les coudes au corps, en moulinant. André Suc est visiblement concentré sur sa perf… Ou sur se chimères : il finit 57e V3 du marathon d’Albi. Oui, 57e ! Des vieux mâles de cette catégorie ? Il y en a en pagaïe : plus d’un coureur sur dix à l’arrivée (87 V3H pour 802 arrivants). Ils ne peuvent donc pas aller jouer à la belote…

Quant à André Suc, c’est avec une certaine émotion qu’il a croisé le fiston, alias junior, mais qui est maintenant largement senior (29 ans) Lui a payé un trop modeste entraînement au marathon de Paris (4 h 21 mn). Et le banlieusard parisien profite d’un déplacement professionnel imprévu mais opportun pour faire le pont au sein de ses racines paternelles. Et s’inscrire, en dernière minute du coup, audit marathon. Mais trois semaines après Paris , sans s’y distinguer vraiment (4 h 27mn). Sauf sur la ligne de départ ou des femmes s’amusent de sa grandeur (1,98 m). Il est vrai que ces concurrentes sont des « demi-portions », mais des grands formats pour distiller l’ambiance ! Et peut-être aussi pour leur performance : mais ça nous ne le saurons jamais… Chacun poursuit sa conquête de l’Everest. Presque à huis clos : car au moins dans les rues albigeoises, le championnat de France de ce sport populaire n’a pas attiré la grande foule des spectateurs en matinée. Et de copieuses rincées vers midi ont douché l’enthousiasme.

Il y avait une bonne demi-douzaine d’autres concurrents lacaunais. Mais comme je suis arrivé tard et reparti tard, je n’ai pu recueillir le sel des commentaires de leurs exploits. D’autres bienveillants rédacteurs vont, sans doute, s’en charger.

Marathon  : 1.Hrioued (Maroc) en 2 h 19′ 25″…. 565e André Suc en 3 h 50′ 47″… 740e Alban Suc en 4 h 27′ 14″ (802 arrivants).