Des prairies dans la rosée du matin / Qui fleurent bon le serpolet et le thym…

TFC. Quand Toulouse est éloigné, le TFC, c’est le Teillet Football Club. Imaginez un stade en bordure de village avec, dans son coin le plus éloigné, une arche gonflée à bloc. C’est de là que partent les coureurs de ce 14 juillet, pour 10 ou 19,4 km au choix. Et tout de suite c’est la campagne avec, d’entrée, des vaches ébahies par le spectacle que leur offrent les bipèdes. « Les hommes seraient-ils devenus fous ? » se désole André Suc, ancienne gloire de la TV. Lui qui aime tant regarder le public au fond des yeux, ne verra donc pas le moindre villageois sur le parcours. Ah si, dans les écarts, sur une propriété au charme désuet, c’est un riverain près de sa brouette qui encourage les concurrents : avec son visage raviné par les ans et son abondante moustache, il semble tout droit sorti d’un roman de Dickens ou de Mark Twain…

Plus loin, après un pont de singe, un quarteron de vétérans 3 reste, comme une dizaine de plus jeunes concurrents, interloqué. Après la passerelle, un panonceau indique de remonter vers l’amont de la rivière. Mais voilà, plus de trace… Ah si, au début d’une sente oubliée depuis quelque temps est accrochée une rubalise. La colonie cherche une issue à cette énigme, mais n’en trouve pas. Au bout de cinq minutes, tous reviennent à la passerelle et, en désespoir de cause, prennent le chemin vers l’aval. Banco : quelques mètres plus loin, apparaissent les rubalises, tandis qu’un organisateur, dépêché sur les lieux en urgence, confirme.  « Les hommes sont devenus fous. » Cette fois, André Suc en est persuadé : quel plaisir peut-il y avoir à changer un panneau directionnel de sens et, de surcroît, ajouter une rubalise sur le faux chemin ? Hors la perversion, et le besoin d’em… le monde.

À fou, fou et demi. Après avoir remué ses pensées au petit trot, le vétéran lacaunais aperçoit en ligne de mire une vielle connaissance qu’il a revu avec grand plaisir avant le départ : Serge Falgayrac. Il lance la chasse à l’athlète, en compagnie d’Hervé Souyris (un contemporain) qui prend le vent à sont tour : 100 mètres, 90, 80, 60, 50… Mais c’était une vraie folie : après le pont sur la retenue de Rassise, qui laisse voir à droite les ruines inondées du château de Grandval, ce n’est pas tant Hervé et Serge qui s’envolent que lui, André Suc, qui reste scotché aux lourdes pentes précédant l’arrivée. Quand on vous disait que pour lui (c’est moi), la gloire est du passé. Même le classement, il n’est pas en mesure de le trouver sur la toile, et donc de le publier…