Épineuse
J’ai l’habitude de vous écrire un résumé de chacune de mes course.
Aujourd’hui pour celle ci l’issue a été bien différent de d’habitude…
Ce samedi j’ai pris le départ de l’épineuse sur les trails de la factrice à Roquebrun 115km
6000m d+.
Cette épineuse était mon premier gros objectif de la saison en vue de l’échappé belle fin août.
Beaucoup d’heures d’entraînement depuis janvier pour préparer cette course. (Environ 250h) 1100km et 65000m de dénivelé positif/negatif.
En confiance après des résultats encourageants sur les différents dossards de début de saison.
Malheureusement ce samedi rien ne se déroulera comme prévus…
Malgres un départ très prudent comme à mon habitude je sens dès la première descente une gêne dans mon ventre.
Je ne m’inquiète pas et m’alimente normalement.
Jusqu’au km 24 tout se passe encore bien. Mais la longue descente du pic de Naudech vers Mons va commencer à réveiller de grosses douleurs dans mon ventre.
À Mons je prend donc le temps de me ravitailler en ne cessant de me repeter que ça va passer.
Nous entrons dans le massif du caroux à partir d’ici. Mon terrain de jeu favori, le plus endroit pour moi pour pratiquer notre si beau sport. Mais le caroux est aussi beau qu’impitoyable et une terrible chaleur commence à s’abattre sur nous. Au km 30 malgres la douleur et après quasi 5h de course j’avale un dernier morceau de riz.
Ce sera la dernière chose que je pourrais avaler normalement…
À partir du col de bardou et la montée vers saint Martin du froid les douleurs s’intensifient et je pene à garder le rythme en montée.
À saint Martin du froid au km 40 je me pose à nouveau et tente de faire disparaître cette douleur au ventre par tous les moyens, coca, eaux gazeuses rien n’y fait…
Je repars de saint Martin sans pouvoir relancer sur une des seules sections roulantes de cette course…
Dans la descente vers le secadou je commence même à être pris de vomissements.
Le boisson isotonique dans les flasques est maintenant le seul apport énergétique que mon corps tolère.
Je continue de progresser lentement en direction de la base de vie de mauroul.
Dans la descente vers la base de vie je retrouve Hervé, Christelle et Damien des amis ultra trailers venus à ma rencontre sur le tracé. Ils me redonnent un peu d’enthousiasme et d’énergie jusqu’à la base de vie de mauroul au km 57.
La ma famille mon assistance m’attend, je m’assoie je souffle mais rien à faire les douleurs de ventre ne veulent décidément pas passer. J’essaye de manger petit à petit mais impossible. Ma gorge est bloqué.
Je repars de mauroul pour l’une des parties les plus difficiles de la course. Le roc de l’ourliadde et le pic de montahut. La 1ere partie jusqu’au premier col n’est pas raide. Malgres mon manque d’énergie et la douleur je parviens à monter à un bon rythme sous les encouragements d’Hervé Christelle et Damien. Mais le seconde partie est terrible, de l’escalade en plein soleil. Et sans m’alimenter ni boire je n’ai plus d’énergie… cette montée devient un véritable chemin de croix. Je suis obligé de m’arrêter tous les 10 mètres. Je n’ai jamais souffert de la sorte, chaque mètre est un combat … les vomissements n’arrêtent pas … je rejoins très péniblement la 2nd base de vie de vilaris au km 70 dans un état déplorable.
Je me pose un très long moment, je ne veux pas jeter l’éponge. Mais il m’est toujours impossible de m’alimenter. Dans c’est été je sais très bien que je pourrais pas rejoindre la ligne d’arrivée…
Mais je décide quand même d’essayer de repartir. Mais plus rien ne va. Mal de ventre, migraine, vertiges. Je décide de stopper l’aventure 3km plus tard à bout de force …
Je rend mon dossard à un bénévole.
C’est un geste qui restera longtemps dans ma tête … même si j’ai donné tout ce que j’avais c’est un sentiment de déception totale qui m’envahit.
Mon premier DNF.
Do Not Finish.
3 lettres anodines pour beaucoup de personnes. Mais pas pour un trailer. Ce 13 juin 2026 marque un tournant dans ma pratique…
Mais bon ça ne reste que de la course à pied finalement. Et puis le chemin pour arriver à cette épineuse fût tellement magnifique. Des rencontres formidables, des sorties magnifiques et surtout le plus important énormément de plaisir sur chaque sortie. Profiter de notre nature, campagne, montagne.
Il faut maintenant rebondir après cet échec et aller de l’avant pour préparer l’échappé belle.
Félicitations à tous les copains présent le dimanche pour les autres courses.
A bientôt l’équipe !
- « La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé » – Socrate
Axel Calas