🔴🔵 ÉCHAPPÉE BELLE — 36H58 POUR TRAVERSER BELLEDONNE 🔵🔴

Vendredi 21 août, 8h, Vizille.

Départ pour l’objectif de l’année : 150 km et 11 400 m de D+ au menu.

En entrée : salade de cailloux.

En plat : entrecôte de cailloux.

Et pour finir : tiramisu de cailloux. 😂

L’Intégrale de l’Échappée Belle consiste à traverser le somptueux — mais terriblement difficile — massif de Belledonne.

🏔️ UNE ANNÉE DE PRÉPARATION

Tout au long de l’année, la préparation aura été plutôt bonne, sans aucune blessure. Un seul pépin : l’abandon sur l’Épineuse en juin dernier.

Hormis ça, une année au top, avec de beaux résultats sur l’Albator, la Black Mountain, la TransAubrac et le Trail de la Barousse.

Il y a également eu un stage inoubliable dans les Vosges avec Nath, Hervé, Christelle et Val. Un sacré séjour !

Puis un second stage en juillet, dernier gros bloc d’entraînement et reconnaissance de l’Échappée Belle, avec Cédric Chavet.

Une vraie chance d’avoir pu partager quatre jours aux côtés d’un athlète de ce niveau et avec autant d’expérience. Beaucoup de conseils, de bienveillance et une très belle découverte.

Pour ceux qui cherchent un stage : foncez, vous ne serez pas déçus !

🌧️ VIZILLE → FOND DE FRANCE

J’arrive donc ce vendredi 21 août, fin prêt pour défier ce terrible massif.

Encore un peu de fatigue après les fêtes de Lacaune le week-end précédent… mais l’envie comblera tout ça !

Le départ est donné à 8h.

Dans l’excitation du départ, j’oublie mes flasques à l’appartement réservé la veille… 🤦‍♂️

Tant pis, deux bouteilles d’eau en plastique feront l’affaire pour cette première section.

17,6 km et 1 630 m de D+ pour une mise en bouche. Il pleut depuis le départ et nous sommes tous trempés.

Je récupère enfin mes deux flasques grâce à Manon et Amandine. J’en profite pour bien me ravitailler car je ne reverrai pas mon assistance avant un long moment.

Environ 50 km et 4 500 m de D+ avant de rejoindre la première base de vie de Fond de France.

Trois refuges sur cette section : la Pra, Jean Collet et Habert d’Aiguebelle.

Cette partie, je la connais grâce au stage avec Cédric en juillet. Pas de surprise donc !

Col de Freydane et descente dans son glacier, col de la Mine de Fer, Brèche de Roche Fendue, Pas de la Coche, col de l’Aigleton et col de la Vache…

Une section ultra-technique, où aucun relâchement n’est possible.

Puis, dans la longue descente vers la base de vie, un énorme orage éclate.

Pluie, neige, grêle… les éléments se déchaînent.

Je suis frigorifié. Mes genoux se bloquent totalement. Je rejoins péniblement la base de vie, dans un état qui n’est vraiment pas au mieux.

Bien réconforté par Manon et Amandine, je repars au sec, avec de nouvelles chaussures et le ventre plein.

Frontale sur la tête, direction Gleyzin.

FOND DE FRANCE -> GLEYZIN

12,8 km et 1 056 m de D+.

Je progresse bien dans les montées, mais je ressens toujours une gêne dans les descentes. Je subis complètement cette partie jusqu’à Gleyzin.

Je me pose un bon moment. Je ne suis vraiment pas bien.

Des idées noires commencent à rentrer dans ma tête.

J’allume mon téléphone.

Les nombreux messages d’encouragement me font un bien fou.

Et puis les mots d’Hervé me remobilisent immédiatement.

Je ne cours pas seulement pour moi sur cette Échappée Belle.

Je suis aussi là pour le venger.

Lui, avec un palmarès juste incroyable, avait été contraint à l’abandon l’année passée.

Je ne peux pas le décevoir.

🌙 LE COL DU MORETAN

Je repars donc de Gleyzin reboosté pour affronter la section mythique de la course :

Le fameux col du Moretan.

10 km et 1 500 m de D+.

Une longue, très longue montée de nuit, extrêmement technique, comme je les aime.

Je progresse lentement mais sûrement et dépasse pas mal de concurrents en perdition.

J’arrive enfin au sommet, à près de 2 500 m d’altitude.

Mais le plus dur est devant moi…

La descente.

Neige, cordes, pentes abominables… un véritable chantier !

À la limite même du raisonnable.

Mais bizarrement, je prends énormément de plaisir sur ce début de descente.

Petit arrêt rapide à Périoule, puis je repars pour 10 km et 700 m de D+ jusqu’à la deuxième base de vie : Super Collet.

😴 LEVÉ DU JOUR

Cela fait maintenant 24 heures que j’ai pris le départ et je n’ai toujours pas dormi une seule minute.

Dans la dernière bosse avant Super Collet, je commence à somnoler.

Alors je commence à chanter !

Les fêtes de Mauléon, Le Berger en vallée d’Aure, Le Refuge… tout y passe ! 😂

Et finalement, j’arrive à me débarrasser de la fatigue avant d’atteindre la base de vie.

À Super Collet, je me couche 4 minutes.

Je me change, j’enfile T-shirt, casquette et lunettes de soleil.

Plat de pâtes, fromage…

Et ça repart !

☀ SUPER COLLET → VAL PELOUSE

18 km et 1 600 m de D+ pour rejoindre Val Pelouse, avec deux passages de cols à plus de 2 000 m.

Bizarrement, malgré la fatigue et les douleurs musculaires, je me sens plutôt bien.

Je progresse correctement, je parviens toujours à bien m’alimenter et à m’hydrater.

Je rejoins Val Pelouse sur un bon rythme malgré une douleur qui commence à apparaître au releveur de mon pied gauche.

À Val Pelouse, passage express chez le kiné pour poser un strap sur mon pied.

Soupe, fromage, riz…

Et me voilà reparti pour l’avant-dernière section de cette course !

Quatre petits cols à franchir et une longue descente de 1 200 m.

Toujours un bon rythme dans les montées.

Mais dans les descentes et sur le plat, je dois énormément temporiser à cause de la douleur au releveur.

J’arrive tant bien que mal au Bourget-en-Huile, dernier ravitaillement de la course.

Le kiné me restrappe le pied.

Je prends bien le temps de me ravitailler auprès de Manon et Amandine.

Il ne reste plus que 16 km et 600 m de D+.

Manon et Amandine me lancent :

« On la tient ! »

🔥 LES 16 DERNIERS KILOMÈTRES

Je repars du Bourget en marchant.

J’indique à Manon et Amandine qu’avec la douleur, je ne pourrai pas courir cette dernière section.

Mais quoi qu’il arrive :

Je rejoindrai Aiguebelle.

La dernière montée est interminable.

Raide.

Il faut énormément s’employer, pas après pas, pour continuer à progresser.

Mais voilà…

Ça y est. On est en haut.

Sur la petite portion de plateau avant l’ultime descente, les émotions commencent à monter.

Et puis arrive la relance finale.

Pourquoi ? Comment ?

Je serre les dents une dernière fois…

Et je parviens à recourir.

Sur un bon rythme !

Les derniers kilomètres sont les plus roulants du parcours. Je jette toutes les forces qu’il me reste.

Beaucoup d’émotions en repensant aux chemins parcourus, aux heures d’entraînement et à toutes les personnes qui m’ont suivi et soutenu.

Et surtout à Greg, peut-être celui sans qui rien n’aurait commencé.

C’est lui qui m’a fait découvrir l’ultra il y a maintenant cinq ans, au GRP.

Et puis Hervé.

À la base, une simple rencontre banale, avec qui nous nous sommes immédiatement pris d’amitié.

Passionné, acharné, travailleur et humble.

Je suis très heureux et surtout très fier de terminer cette Échappée Belle aussi pour lui.

🔔 AIGUEBELLE

Je sonne donc cette fameuse cloche dans le parc d’Aiguebelle après :

36H58MIN

🏁 114e place.

Une course extraordinaire, avec une organisation incroyable et des bénévoles passionnés.

Un véritable esprit montagnard et une simplicité profondément ancrés dans l’ADN de cette course.

❤ MERCI

Un immense merci à mes deux ravitailleuses de l’extrême :

Manon, ma chérie, et Amandine, qui auront été cruciales dans la réussite de cette course.

L’ultra est un sport d’équipe et Manon et Amandine me l’ont encore une fois prouvé.

Je ne les remercierai jamais assez. ❤

Un grand merci également à L’Échappée Belle pour ce moment de vie inoubliable.

36h58 pour traverser Belledonne.

Une aventure que je n’oublierai jamais. ❤🔴🔵